Face à l’intensification des sécheresses, des inondations et des tensions croissantes sur la ressource en eau, AXA Climate publie une nouvelle analyse intitulée « Agir à l’échelle des bassins versants pour la viabilité des entreprises et des territoires », démontrant que la viabilité des entreprises dépend de leur capacité à repenser leur stratégie eau au-delà du périmètre de leurs sites, à l’échelle des bassins versants et des territoires dans lesquels elles opèrent. Cette publication s’appuie sur les retours d’expérience de Valrhona, Kering et EDF.
Des risques désormais reconnus, mais des stratégies eau encore incomplètes
En France, les signaux sont déjà visibles. Fin août 2025, 93 départements métropolitain sur 101 faisaient l’objet de restrictions, dont 46 en situation de « crise sécheresse », c’est-à-dire 3 de plus qu’en 2023 à la même période et 27 de plus qu’en 2024. À l’horizon 2050, dans certaines régions, la demande en eau pourrait doubler et jusqu’à 90 % du territoire pourrait être exposé à un niveau de stress hydrique lors d’années particulièrement sèches.
En 2023, 44 % des entreprises déclarantes au CDP identifient des risques liés à l’eau susceptibles d’avoir un impact stratégique ou financier sur leurs activités. L’eau est désormais reconnue par près d’une entreprise sur deux comme un facteur de vulnérabilité de leur modèle économique.
Pourtant, les réponses intégrées dans les stratégies eau restent largement centrées sur l’optimisation des procédés, la réduction des volumes prélevés ou le recyclage interne. Seules 4 % des entreprises ont défini des objectifs liés à l’eau couvrant leur chaîne d’approvisionnement. Or, les risques les plus structurants se construisent souvent en amont ou en aval des sites.
Changer d’échelle pour la viabilité économique des entreprises et des territoires
Dans ce guide, AXA Climate met en évidence qu’une entreprise peut afficher de bonnes performances en eau tout en restant structurellement exposée si le territoire hydrologique dont elle dépend se fragilise. En reliant les flux d’eau aux flux économiques et sociaux (emploi, approvisionnement, énergie ou biodiversité) les auteurs proposent un véritable changement de paradigme.
Ce guide fournit un cadre structurant pour transformer durablement la stratégie eau des entreprises, un questionnaire de diagnostic de maturité et un plan d’action pour accompagner les directions RSE et les Comex dans cette évolution.
Trois entreprises, trois territoires, un même constat
Pour illustrer le changement d’échelle nécessaire, AXA Climate donne la parole à trois entreprises confrontées, chacune à leur manière, à la réalité des bassins versants.
Chez Valrhona, l’eau est abordée comme un élément structurant du territoire. À travers l’ancrage local de la Cité du Chocolat et des coopérations territoriales, l’entreprise montre combien la qualité et la disponibilité de l’eau conditionnent à la fois l’activité économique, les filières agricoles et l’attractivité locale.
Comme le résume Aurélie Roure, Directrice de la Cité du Chocolat et des Coopérations Territoriales : « Notre destin est intimement lié à celui de notre territoire : sa vitalité, sa viabilité et sa capacité à s’adapter conditionnent directement les nôtres. »
Chez Kering, l’approche par bassin versant permet de revisiter la résilience de chaînes d’approvisionnement mondialisées. Le Water Resilience Lab, lancé dans le bassin de l’Arno en Italie, met en évidence le rôle déterminant des sols, des nappes et des écosystèmes dans la continuité des activités industrielles et artisanales ainsi qu’une lecture commune des enjeux permettant de faire converger les efforts des divers secteurs, peu habitués à collaborer, derrière des objectifs communs.
Rachel Kolbe Semhoun, Directrice Approvisionnement Durable et Nature, souligne : « La gestion de l’eau est encore trop souvent pensée “à la porte de l’usine.” Aucun acteur peut résoudre les enjeux seul. Avec nos Water Resilience Labs, nous brisons les silos pour catalyser une diversité de solutions nécessaires et être résilients sur l’ensemble de nos chaînes d’approvisionnement. »
Chez EDF, la gestion de l’eau s’inscrit dans une perspective de long terme, à l’échelle de bassins versants où se superposent production énergétique, usages agricoles, besoins des populations et préservation des milieux. L’entreprise insiste sur la nécessité d’une coopération territoriale renforcée pour concilier ces usages.
Catherine Halbwachs, Directrice RSE de la Direction Production Nucléaire et Thermique et du projet ADAPT, rappelle : « Le bassin versant n’est pas un décor, mais une infrastructure invisible. Sans bassins versants fonctionnels, il n’y a pas d’eau. Et sans eau, il n’y a ni électricité ni activité industrielle durable. »



